J'ai arpenté cette rue ne long en large et en travers,
Que je sois pressée, en retard, ou bien alors juste à flâner,
Pendant cinq ans, elle a fait partie de mon univers,
Que je sois seule ou bien accompagnée, cette rue je l'ai aimé.
Je me penchai par la fenêtre pour observer les passants,
Ceux que je connaissais mais aussi les nombreux pèlerins,
Quand le vide me submergeait, je regardais les amoureux sur les bancs,
Cette habitude prenait à force des allures de refrains.
Assise sur le rebords de ma fenêtre j'admirais la pluie,
La neige, le soleil, j'étais observatrice du temps,
Comme aux premières loges d'un spectacle de nuit,
Mes pensées s'en allaient alors tel un chat errant.
J'ai quitté cette fenêtre, j'ai laissé cette rue,
Sans me retourner je suis alors partie là-bas,
Et à présent, j'ose après hésitations à me mettre à nue,
A avouer, sans honte et sans gêne que je suis las.
De toute cette vie qu'à présent je ne comprends plus,
J'ai beau m'y accrocher je ne trouve plus aucun plaisir,
A la vivre, si ce n'est que lorsque j'ai bu,
Vos paroles, vos calins, votre tendresse et vos sourires.
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